LE RADICI PAGANE DELL'EUROPA
| di Luciano Pellicani | |
Pubblichiamo, come anticipazione, l’ultimo capitolo del libro di prossima pubblicazione di Luciano Pellicani, Le radici pagane dell'Europa, Rubbettino.
![]() Se ogni religione agisse liberamente, finirebbe con asservire completamente lo Stato e la cultura, ossia ridurrebbe entrambi a mere roccaforti esterne di sé e rifonderebbe da sé l’intera società. Quando poi la fede fosse divenuta tradizione e si fosse pietrificata, allora non gioverebbe più alla cultura voler continuare ad essere progresso e mutarsi poiché ne resterebbe imprigionata. Un pericolo simile è particolarmente grande negli Stati fondati sul diritto sacro Jacob Burckhardt Gente che si crede ispirata da Dio è sempre stata molto pericolosa qualunque cosa Dio possa significare per loro: una Fede, un’Ideologia, un Uomo, una Nazione, un Profeta, un Libro, che magari non hanno neanche letto Karl R. Popper
Contrariamente a quello che pensava Talcott Parsons, il passaggio, per tappe successive, dalla Città sacra alla Città secolare non è stato “uno sviluppo autenticamente cristiano”[1] http://www.mondoper
|
Christian Marazzi
|
Measure and Finance* by Christian Marazzi |
|
I'll try to discuss the question of value and measure in the process of financiarisation not from a written paper but on a list of points and questions that I'll share with you later on. Maybe let me start from the end to make sure that we'll get somewhere. That means to ask what we are talking about when we pose the question of measure or a unit of measure of something. I'll put it very straight: the only interest we usually have in the way the Marxian tradition defines value or constructs a theory of value, the only interest in this effort lies in the contradiction to which the theory of value leads. To measure value is first of all to pose the question of the crisis of value. The unit of measure of the process of valorization is the crisis, the mechanism of exploitation is unveiled through the crisis, and the material conditions of liberation are posed by the crisis. This is where I want to go, to arrive at. http://www.generation-online.org/c/fc_measure.htm
|
Disagio e repressione
Patologie dell’iper-espressione
Disagio e repressione
Il pensiero antiautoritario del ventesimo secolo è stato direttamente o indirettamente influenzato dalla nozione freudiana di repressione, sulla quale è incentrato il suo scritto Civilisation and its discontents (Disagio della civiltà, in italiano).
“…non può mancare di colpirci l’analogia tra il processo di incivilimento e l’evoluzione lipidica del singolo. Altre pulsioni sono indotte a spostare le condizioni del loro soddisfacimento, a trasferirle su altre vie, processo che nella maggioranza dei casi coincide con la sublimazione (della meta pulsionale). …è impossibile ignorare in qual misura la civiltà sia costruita sulla rinuncia pulsionale, quanto abbia come presupposto il non soddisfacimento (repressionem rimozione) di potenti pulsioni. Questa frustrazione civile domina il vasto campo delle relazioni sociali; sappiamo che è la casua dell’ostilità contro cui tutte le civiltà debbono combattere. “ (Freud: Das Unbehagen in der Kultur, capitolo 3)
La repressione è dunque in Freud considerata un tratto ineliminabile, costitutivo della relazione sociale. A metà del ventesimo secolo, tra gli anni Trenta e gli anni Sessanta, il pensiero critico europeo si interroga sul rapporto tra dimensione antropologica dell’alienazione e dimension storica della liberazione. La visione che Sartre espone in Critique de la raison dialectique (1964), direttamente influenzata dal pensiero freudiano, riconosce il carattere antropologicamente costitutivo, e quindi insuperabile dell’alienazione. Al contrario il pensiero marxista nella sua variante storicista e dialettica considera l’alienazione come un fenomeno storicamente determinato, e dunque superabile con l’abolizione dei rapporti sociali capitalisti.
André Gorz
Le philosophe André Gorz s’est suicidé avec sa femme
AFP | 24.09.07 | 17h20 • Mis à jour le 24.09.07 | 17h25

Le philosophe André Gorz, cofondateur de l’hebdomadaire Le Nouvel
Observateur, est mort, lundi 24 septembre, à l’âge de 84 ans. Il s’est
suicidé avec sa femme à leur domicile de Vosnon, dans l’Aube, selon des
proches du couple.
Né à Vienne en février 1923, sous le nom de Gerard Horst, André Gorz,
considéré comme un penseur de l’écologie politique et de
l’anticapitalisme, est notamment l’auteur d’Ecologie et Politique et
d’Ecologie et Liberté. Il avait fondé, avec Jean Daniel notamment, Le
Nouvel Observateur en 1964, sous le nom de Michel Bosquet.
Après sa retraite dans les années 1990, il s’était retiré dans une
maison à Vosnon, à 35 kilomètres de Troyes, avec son épouse, dont il
était très épris et qui était atteinte d’une affection évolutive depuis
plusieurs années. Selon des proches, c’est une amie qui a constaté le
drame lundi matin. Des messages affichés sur leur porte précisaient
qu’il fallait "prévenir la gendarmerie".
André Gorz ou la conversion morale d’un exilé
LE MONDE DES LIVRES | 24.09.07 | 17h07 • Mis à jour le 24.09.07 | 17h07
Certains livres peuvent avoir plusieurs vies. Le Traître est un de
ceux-là. Cet essai autobiographique de 1958 est un livre étonnant par
son style et par sa genèse. En 1939, juste après l’annexion de
l’Autriche par l’Allemagne nazie, l’adolescent qui deviendra André Gorz
est envoyé en Suisse. De père juif, sa mère catholique décide de le
mettre à l’abri dans une pension près de Zurich. Il vit cette séparation
dans une "irrémédiable solitude". Cet éloignement ranime en lui le
sentiment d’un exil intérieur dont il n’avait jusqu’ici pas vraiment
pris la mesure. Sa condition de "métis inauthentique" le pousse dans une
recherche éperdue du sens de son existence. Il tente alors de s’évader
par une réflexion abstraite sur sa propre condition. L’Etre et le Néant
de Sartre agira sur lui comme un déclencheur de sa "conversion morale".
Fin 1945, à 22 ans, il entreprend l’écriture d’un traité de philosophie.
"Il lui fallait fonder une théorie de l’aliénation et une morale (…),
expliquer pourquoi les individus peuvent être mutilés dans leurs
possibilités et supporter leur mutilation (1)." Son initiative coïncide
avec un premier échange avec Sartre ("Morel" dans Le Traître), venu
tenir une conférence à Genève. Mille cinq cent pages plus tard, il
présente à Morel le fruit de son travail. Sartre, absorbé par l’écriture
de sa Critique de la raison dialectique, n’y prête qu’une attention
distraite. Parce qu’il avait anticipé son échec, il s’investit alors
dans l’écriture d’un essai autobiographique.
Que cherche l’apprenti philosophe à travers cette autoanalyse
existentielle ? Il cherche à "inventer une activité qui ramasse sa
"diaspora" singulière et ramène ses membres épars dans une nouvelle
patrie". À tâtons, il s’est forgé une méthode : par des allers-retours
incessants entre son passé et sa condition présente, il fait progresser
sa pensée et en extrait une synthèse théorique en s’appuyant sur les
écrits existentialistes, la psychanalyse et l’œuvre de Marx. Résultat :
Le Traître, ce livre inclassable et fascinant qui sera publié avec un
avant-propos élogieux de Sartre. Gorz est né et c’est son "maître" qui
l’annonce : "L’intelligence de Gorz frappe dès le premier coup d’œil :
c’est une des plus agiles et des plus aiguës que je connaisse, écrit
Sartre. Le Traître ne prétend pas nous raconter l’histoire d’un converti
; il est la conversion elle-même."
Gorz est face à son destin d’écrivain. Le comprend-il vraiment ? Le
succès du Traître est en tout cas immense. Il a changé la vie de ce
"besogneux minable". Un article paru en 1961 dans Les Temps modernes est
ajouté à la présente réédition dans une version raccourcie. Gorz y
démontre que le vieillissement d’un homme est d’abord "social". Nous
vieillissons parce que les recommencements nous sont progressivement de
moins en moins possibles et que notre passé devient toujours plus la
préfiguration de notre avenir. Cette réédition est une belle occasion
pour aborder l’œuvre de Gorz et méditer le témoignage adressé à chacun
d’entre nous dans son ouvrage pionnier.
(1) Ce traité sera finalement publié en 1977 sous le titre de Fondement
pour une morale (éd. Galilée).
LE TRAÎTRE suivi du VIEILLISSEMENTd’André Gorz. Gallimard, "Folio
essai", 412 p., 6,80 €.
Christophe Fourel
Entretien
André Gorz, le philosophe et sa femme
LE MONDE DES LIVRES | 26.10.06 | 12h27 • Mis à jour le 24.09.07 | 17h07
Arrivé à un âge où il ne se sent plus la force d’entreprendre un livre
de longue haleine, André Gorz se retourne sur sa vie, se rend compte
qu’il n’en a jamais écrit l’essentiel, sa relation avec sa femme, et il
commence à lui écrire, à elle, directement : "Tu vas avoir
quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses
que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable.
Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus
que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant
que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien."
Très peu de livres accrochent ainsi, en quelques phrases qui donnent le
ton, le tempo, la musique et l’émotion, la qualité d’une vie. On lit
cette lettre d’amour à une femme vivante, malade et qui souffre et qui
va mourir un jour, lointain peut-être encore mais de toute façon trop
proche, et cette mort devient aussi inacceptable pour celui qui lit que
pour celui qui écrit. Dans les dernières lignes, qui reprennent les
premières sur un ton qui étreint le cœur encore plus, cette mort est
envisagée. Un tel livre, court, exact, poli comme un galet sans effort
apparent, vient rappeler ce que peut la littérature quand elle sonne
vraie parce qu’elle sonne juste.
Racontant un amour singulier, il tombe à pic dans un débat encore une
fois en cours sur le couple. À un extrême, Sartre et Beauvoir, que Gorz
et Dorine ont bien connus : l’expérience de l’ouverture, la fidélité au
pacte conclu d’engagement à vie et du tout se dire des autres relations
amoureuses que l’on s’autorise sans trahir la relation fondatrice,
priorité des priorités. À l’autre extrême, Gorz et Dorine, le même pacte
mais cette fois dans l’engagement exclusif, corps et âme, puisque l’âme
est le corps vécu. La fidélité devient réciprocité éthique : je ne te
fais pas ce que je ne voudrais pas que tu me fasses. Entre ces deux
paradigmes, toute la gamme des aménagements possibles, contrats tacites,
compromis, mensonges, omissions, frustrations, réussites affichées,
échecs cachés, ou l’inverse, arrangements qui sont le lot plus ou moins
choisi de tant de couples quand ils durent.
Le magnifique, dans Lettre à D., n’est pas de donner un exemple – Gorz,
philosophe du social, ne prétend pas établir une norme à partir d’une
entreprise à deux qu’il sait exceptionnelle et en quelque sorte voulue
par l’histoire, la grande, celle qui tranche les vies – mais de donner
un sens politique à l’amour. Non pas sécession et refuge mais
réalisation de quelque chose qui le dépasse en le confirmant et en
s’affrontant au monde. En l’occurrence une œuvre, philosophique,
littéraire, journalistique dont l’un et l’autre puissent être fiers
ensemble parce qu’elle agit. Ce n’est pas tout de rencontrer l’âme sœur,
encore faut-il trouver un projet qui pérennise la rencontre et la rende
productive d’autre chose que la relation elle-même. Gorz, quand il
rencontre Dorine, écrit un essai philosophique qui doit fonder une
hiérarchie des conduites humaines face à la finitude, à la précarité, à
la vie collective, à l’histoire, à tout ce que Sartre appelle la
"situation".
CONFIANCE SANS FAILLE
Une telle entreprise ne peut se réaliser pratiquement que si quelqu’un
la valide en la reprenant à son compte. C’est ce que fait Dorine avec
une confiance sans faille. Ils ont connu l’un et l’autre l’expérience
fondatrice de l’insécurité ; ils bâtiront ensemble, en se protégeant
mutuellement, le socle sur lequel écrire sur l’insécurité qui est la vie
même. Ecrire est sa vocation. Elle l’aide, professionnellement aussi,
devient sa documentaliste, son interlocutrice, sa première lectrice, sa
seule critique, armée d’une capacité de jugement imparable. Galère
d’abord, longue, décourageante parfois, pour lui, après
l’inaboutissement de l’essai philosophique ; joie partagée, quand Le
Traître paraît, de voir leur vie s’ouvrir aux autres et ceux-ci
l’accueillir parce qu’à eux deux ils illuminent, affectivement autant
qu’intellectuellement. Dorine est sociable, spontanée ; Gorz est
intelligent, extrêmement, introverti, rétractile. Il va changer. Dans
Lettre à D., il explique l’effet de la publication d’un livre quand
celui-ci est reconnu : "Tu as souvent dit que ce livre (Le Traître) m’a
transformé à mesure que je l’écrivais. (…) Ce n’est pas de l’écrire qui
m’a permis de changer ; c’est d’avoir produit un texte publiable et de
le voir publié. (…) Magie de la littérature : elle me faisait accéder à
l’existence en tant même que je m’étais décrit, écrit dans mon refus
d’exister. Ce livre était le produit de mon refus, était ce refus et,
par sa publication, m’empêchait de persévérer dans ce refus. C’est
précisément ce que j’avais espéré et que seule la publication pouvait me
permettre d’obtenir : être obligé de m’engager plus avant que je ne le
pouvais par ma solitaire volonté, et de me poser des questions, de
poursuivre des fins que je n’avais pas définies tout seul."
Ils reçoivent ensemble, dans un village de l’Aube, au seuil de la belle
maison simple pour laquelle ils ont quitté Paris dans les années 1980.
Du pré d’un hectare autour d’elle, ils ont fait un jardin avec deux
cents arbres. Il est comme d’habitude, amical, discret, chaleureux ;
elle aussi. Ils ont vieilli, lui moins qu’elle dont la pâleur frappe et
les maux se taisent ; lui a pour elle toutes sortes d’attentions ; elle
aussi pour lui. Il est en pleine santé, l’air fragile comme il l’a
toujours eu, mais le corps mince et musclé, on le devine à sa démarche.
Elle est diaphane et souriante, précautionneuse : la douleur guette un
geste de trop pour bondir sur elle. Ils sont accueillants, posent des
questions ; on est venu pour leur en poser sans les mettre sur le gril.
Elle ne veut pas participer à l’entretien : c’est son livre à lui, il
est le peintre, elle le modèle ; c’est lui qu’on est venu voir,
dit-elle, pas le sujet du tableau à qui le tableau suffit bien et dans
lequel elle ne se reconnaît pas tout à fait, même s’il dit la vérité, sa
vérité à lui. Une subjectivité reste une subjectivité.
Celle de Gérard Horst (son vrai nom) est pleinement assumée sous le nom
d’auteur d’André Gorz. Quand il a écrit ce texte, au printemps 2006, il
n’était pas sûr de le publier, par discrétion à son égard, et puis il se
demandait qui il pourrait intéresser. Michel Delorme, son éditeur chez
Galilée, n’a pas hésité : il fallait que ce livre paraisse, car c’en est
un, à tous les sens du mot, un livre beau, un livre nécessaire, un livre
qui délivre. De quoi ? Gorz n’en est pas sûr mais écoute ce qu’on lui en
dit : il délivre de la crainte d’exprimer à la première personne des
sentiments pour les comprendre en philosophe existentialiste.
"J’avais déjà employé le "tu" dans Le Traître, en m’adressant à moi,
pour m’objectiver, me voir tel que je pouvais apparaître à autrui, me
décrire dans mes manies, dans cette fuite devant l’existence qui m’avait
amené à la pensée théorique et m’y enfermait comme dans une bulle. Le
Traître était un travail de libération, mais je n’y donnais aucune place
à l’amour, et même je le trahissais. Mais, après avoir pris la mesure de
ma position existentielle – singulière comme celle de chacun –, j’ai pu
porter ma pensée sur le monde social et y décrypter l’aliénation des
producteurs à leur propre produit. Dans cette lettre à Dorine, le "tu"
me sert à prendre une vue vraie sur ma vie avec elle. Dans Le
Vieillissement déjà, à 38 ans, j’avais compris que, vieillir c’est
accepter ce fait d’expérience : on ne fait jamais ce qu’on veut et on ne
veut jamais ce qu’on fait. De sorte que chacun est hétéronome. Et
pourtant, on fait ce que l’on juge devoir faire parce qu’on se sent et
donc se rend capable de le faire. Ainsi s’étend, si peu que ce soit,
notre sphère d’autonomie. Il faut donc accepter d’être fini, d’être ici
et pas ailleurs, de faire ça et pas autre chose, d’avoir cette vie
seulement. LeSocrate de Valéry le disait justement : "Je suis né
plusieurs, et je suis mort, un seul. L’enfant qui vient est une foule
innombrable, que la vie réduit assez tôt à un seul individu, celui qui
se manifeste et meurt." Vivre avec Dorine, l’aimer et aimer notre vie
ensemble m’a appris cela, mais je ne le disais pas, car je ne comprenais
pas encore combien j’avais besoin d’elle pour écrire, plus qu’elle
n’avait besoin de moi pour vivre."
ECOUTER SANS JUGER
Quand on a connu Gorz et Dorine dans les années 1970, rencontré chez eux
Ivan Illich, Herbert Marcuse, Rossana Rossanda, William Klein, et des
intellectuels plus jeunes et actifs dans le mouvement social comme Marc
Kravetz, Tiennot Grumbach, on se souvient de leur façon absolument non
mondaine de recevoir des gens qui avaient quelque chose à apprendre les
uns des autres et de leur présence discrète à eux, de sa façon à lui de
vous interroger sans ambages sur l’essentiel, de sa façon à elle de vous
écouter sans juger quand vous aviez des difficultés personnelles. Le
monde extérieur existait très fort chez eux, à Paris. Aujourd’hui leur
viennent encore, plus espacées, des visites de jeunes gens que le
travail de Gorz inspire dans leur action, syndicale, politique, sociale.
Des universitaires aussi qui travaillent sur son œuvre. Ainsi le monde
ne vient-il pas à eux dans leur campagne seulement par les publications
qu’il lit assidûment et discute avec elle pour écrire dans des revues
comme Multitudes ou EcoRev. Il y publie des articles toujours très
clairs, ardus seulement parce qu’ils expriment une pensée radicalement
différente de celle qui règne sur l’économie politique.
Votera-t-il pour la présidentielle ? "Probablement, mais sans croire au
discours des candidats qui promettent le plein emploi et l’emploi à vie.
Tous mentent sur cette question et le pire est que tous le savent.
L’avenir ne se joue pas au niveau de la politique d’État, il se
construit en réalité dans les petites collectivités, au niveau communal,
par des comportements sociaux qui rompent avec la logique du profit
financier. C’est là que les luttes ont un sens." Sur ce sujet, il peut
parler des heures, animé d’une conviction entière. Sa critique radicale
du capitalisme n’a pas désarmé. Ses livres la développent de façon de
plus en plus fine, acérée. Mais on n’est pas venu pour parler de
théorie, il le sait. On a une question sur les lèvres, une fois la
Lettre à D. refermée sur ces mots : "Nous aimerions chacun ne pas
survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par
impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la vivre
ensemble." Un exit commun à la façon d’Arthur Koestler et de sa femme
Cynthia ? "Nous avons parlé de ce suicide à deux quand nous l’avons
appris. Mais c’était leur histoire, presque leur combat. Je n’y pense
pas et elle non plus. Dorine et moi vivons dans l’infini de l’instant en
sachant qu’il est fini et c’est très bien ainsi. Pour nous, le présent
suffit."
On sourit à leur chance, elle n’est pas donnée à tous ; eux se la sont
donnée ; ils l’ont construite. À quel prix ? Elle seule pourrait le
dire. Mais rien dans son regard ne trahit le sacrifice, "si démoralisant
pour la personne à qui l’on se sacrifie", disait Oscar Wilde. Un beau
couple sans enfant mais avec œuvre, ses livres, et en tout cas celui-ci,
qui restera.
Michel Contat
Repères
1923 : naissance à Vienne, père autrichien, juif, mère catholique.
1939-1945 : apatride, en pension à Lausanne, études de chimie, commence
L’Essai.
1946 : rencontre Sartre, à Lausanne.
1947 : rencontre Dorine, anglaise, à Lausanne.
1949 : se marie, s’installe à Paris.
1950 : journaliste à Paris-Presse puis à L’Express, sous le pseudonyme
de Michel Bosquet.
1954 : naturalisé français grâce à Mendès France.
1955 : achève L’Essai, rejeté par Sartre, commence un écrit
autobiographique.
1958 : publie, avec le pseudonyme d’André Gorz, Le Traître, préfacé par
Sartre.
1961 : entre au comité des Temps modernes.
1964 : fonde avec Jean Daniel et quelques autres Le Nouvel Observateur.
1964 : Stratégie ouvrière et néo-capitalisme.
1974 : se retire des Temps modernes.
1980 : Adieux au prolétariat (Galilée).
1983 : prend sa retraite du Nouvel Observateur. S’installe à la
campagne.
1997 : Métamorphoses du travail, quête du sens.
2003 : L’Immatériel. Connaissance, valeur et capital.
2006 : Lettre à D., Histoire d’un amour (Galilée, 76 p., 13,40 €).
Tragic Extremes
Nietzsche and the Politics of Security
Dedicated to the memory of Jean Charles de Menezes [1]

I. The New Basic Principle
Shortly after the 9/11 attacks, Giorgio Agamben published an article that took issue with security as the "basic principle" of state politics. Referring to Foucault, Agamben contrasted security and disciplinary power, describing security as a characteristic of liberalism: "Measures of security can only function within a context of freedom of traffic, trade and individual initiative." He further argued that through the "progressive surrender of traditional tasks of the state, security imposes itself as the basic principle of state activity" becoming the "sole criterion of political legitimation." Further, Agamben argued that "a state which has security as its only task and source of legitimacy is a fragile organism; it can always be provoked by terrorism to turn itself terroristic."[2] The progressive erosion of civic rights that occurs when "security imposes itself" indicates a deep-layered incompatibility between democratic legitimacy and security. To this end, Agamben called for a "revision of the concept of security" as a project of immediate importance.
To continue: http://www.ctheory.net/articles.aspx?id=582#_edn1







_large.jpg)
Ultimi commenti